My Way 18 : Way of life contemporain

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L’errance n’est pas que celle qui se laisse apercevoir sur les trottoirs, dans le métro, sur les bancs des gares. Elle est aussi faite de l’effacement des repères face à la multiplication des modalités de jouissance ; l’impossible discernement entre désir, vouloir et jouissance.

Un appel à la norme accompagne ce mouvement, comme tentative de balisage. Les classifications qui en résultent, qu’elles soient catégories de symptômes ou répartitoire des modes de jouissance, participent à égarer un peu plus le sujet. Entendez, l’éloigner de lui-même.

Sa souscription aux classifications comme repère, couplée à l’impératif de jouissance, est le moteur même des applications Grindr et Planetromeo auxquelles nous introduit le texte de Christophe Dubois.

Le mouvement américain de revendication virile décrit par Fabian Fajnwaks participe de la même façon de cet appel à la norme, voire à un maître. L’élection récente de Donald Trump en est d’ailleurs un symbole.

Dans le champ de la parentalité, ce sont les effets de l’inscription de l’avancée biotechnologique dans ce discours que Françoise Stark Mornington interroge, à savoir la modification des modalités de relation à l’enfant, désormais objet « porteur d’une promesse de jouissance ».

Contre ce pousse à la normalisation, cette pente à « fixer chacun à ses S1 », Marie-Claude Sureau souligne, à partir de ce qui fait discorps dans l’identité sexuelle, ce qu’il en est de la position de la psychanalyse. Cette position qui s’appuie sur la singularité de chaque sujet et soutient l’émergence de « réponses inédites », est aussi celle que fait résonner le film Manchester by the Sea dont Pascale Simonet se fait ici l’écho.

Ce My Way brosse donc en quelque sorte le Way of life contemporain, dont l’appel à la norme est un des noms de l’errance.

 

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